ISSN : 2269-5990

vendredi 17 février 2017

Jacques Bouveresse, Le mythe moderne du progrès. À partir des critiques de Karl Kraus, de Ludwig Wittgenstein et de Georg Henrik von Wright

Jacques Bouveresse
Le mythe moderne du progrès
À partir des critiques de Karl Kraus, de Ludwig Wittgenstein et de Georg Henrik von Wright
Agone
Cent mille signes 
2017

Présentation de l'éditeur
Dans Le Mythe du progrès, von Wright remet en question certaines de nos croyances contemporaines les plus fondamentales, en particulier la croyance au progrès, et rappelle, d’une part, que l’espèce humaine est soumise à la même loi de précarité et de caducité que les autres espèces et, d’autre part, que rien ne garantit que la forme industrielle de production soit biologiquement adaptée à l’être humain. Ces deux idées pourraient donner l’impression de relever du simple bon sens ; elles n’ont rien de particulièrement choquant ou subversif. Mais elles n’en ont pas moins suscité des réactions négatives surprenantes de la part de tous ceux, scientifiques, économistes, politiciens, intellectuels, qui partagent une conviction commune, que l’on peut appeler « la croyance dans la croissance économique illimitée ».
   Ce qui confirme l’idée de Kraus que, même si on ne sait pas ce qu’est le progrès, tout le monde est plus que jamais tenu de croire qu’une chose au moins est sûre : nous progressons, nous pouvons le faire de façon illimitée, et l’obligation de continuer à le faire est une sorte d’impératif catégorique pour les sociétés contemporaines.
   Quand il s’interroge sur le type de lecteurs qui seraient, au contraire, susceptibles d’apprécier les idées qu’il a développées, von Wright suggère prudemment deux groupes, qu’il appelle celui des « conservateurs de la valeur » et celui des « intellectuels de gauche » – dont il constate, d’une façon que je ne contredirai pas, qu’il semble pour tout dire déjà moribond. La question qui se pose est de savoir qui sont aujourd’hui les intellectuels de gauche. Doit-on encore appeler ainsi des gens qui, s’ils sont plus sensibles que d’autres aux coûts sociaux et humains du progrès, et en particulier aux inégalités qu’il engendre, n’en continuent pas moins le plus souvent à croire à la possibilité et à la nécessité du progrès par la croissance économique illimitée, se contentant pour l’essentiel d’exiger que les fruits de la croissance soient répartis un peu plus équitablement ?

dimanche 29 janvier 2017

en poche: des livres de Jacques Bouveresse



en poche: des livres de Jacques Bouveresse

 
Jacques Bouveresse
De la philosophie considérée comme un sport
Agone
Cent mille signes
2015


 
Jacques Bouveresse
La demande philosophique
Que veut la philosophie et que peut-on vouloir d'elle?
L'Eclat  
L’éclat/poche tiré à part
 2015

(La demande philosophique est la version intégrale de la leçon inaugurale de la chaire de philosophie du langage et de la connaissance du Collège de France, prononcée le 6 octobre 1995.)




Jacques Bouveresse
Philosophie, mythologie et pseudo-science
Wittgenstein lecteur de Freud
L'Eclat  
L’éclat/poche tiré à part
 2015



 Jacques Bouveresse 
Le philosophe et le réel
Entretiens avec Jean-Jacques Rosat
Hachette
Pluriel
2000


jeudi 17 novembre 2016

écoutez: Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault. Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir (Citéphilo, 14 novembre 2016)



Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault. Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir
Agone, Banc d'essais, 2016

avec Jean-Baptiste Bertin, professeur de philosophie au lycée de l’Europe de Dunkerque

Citéphilo
Lundi, 14 Novembre, 2016
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - place de la République - Lille


lundi 24 octobre 2016

Citéphilo, 14 novembre 2016: Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault. Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir

Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault. Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir

avec Jean-Baptiste Bertin, professeur de philosophie au lycée de l’Europe de Dunkerque

Citéphilo
Lundi, 14 Novembre, 2016 - 18:30 - 20:30
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - place de la République - Lille
Librairie partenaire : Librairie Meura

mercredi 19 octobre 2016

Jacques Bouveresse, Percevoir la musique. Helmholtz et la théorie physiologique de la musique


Jacques Bouveresse
Percevoir la musique
Helmholtz et la théorie physiologique de la musique
Éditions L'improviste
Les aéronautes de l'esprit
2016

Présentation de l'éditeur
Le physicien et physiologiste Hermann Ludwig Ferdinand von Helmholtz (1821-1894) est connu notamment pour ses travaux en électrophysiologie, en optique et en acoustique. Sa Théorie des sensations sonores comme fondement physiologique pour la théorie de la musique (1863) constitue un monument dans l’histoire de la physiologie des sensations acoustiques et plus particulièrement musicales. Elle a également été une référence pour bon nombre de théoriciens de la musique, en même temps que pour certains compositeurs, tels Janacek et Varèse, par exemple.
Par l’analyse de ces théories, Jacques Bouveresse montre le caractère révolutionnaire de l’apport de Helmholtz – qui était aussi un bon musicien et un remarquable connaisseur de l’histoire de la musique – à la physiologie et la psychologie des phénomènes sonores et à la compréhension de la nature et de la genèse de principes comme celui de la tonalité. Il pose également la question d’un langage de la musique et de sa capacité de servir à l’expression des sentiments.

Jacques Bouveresse, philosophe, a été titulaire au Collège de France, de 1995 à 2010, de la chaire de « Philosophie du langage et de la connaissance ». Ses travaux ont porté notamment sur Wittgenstein, le Cercle de Vienne, la philosophie analytique, mais aussi sur la littérature (Kraus, Musil, Valéry) et la musique.

(Merci à J-J Rosat pour l'info)

dimanche 25 septembre 2016

à paraître: Jacques Bouveresse, Le mythe moderne du progrès. À partir des critiques de Karl Kraus, Ludwig Wittgenstein et Georg Henrik von Wright


Jacques Bouveresse
Le mythe moderne du progrès
À partir des critiques de Karl Kraus, Ludwig Wittgenstein et Georg Henrik von Wright
Agone
Cent mille signes
à paraître en février 2017

Présentation de l'éditeur
Dans Le Mythe du progrès, von Wright remet en question certaines de nos croyances contemporaines les plus fondamentales, en particulier la croyance au progrès, et rappelle, d’une part, que l’espèce humaine est soumise à la même loi de précarité et de caducité que les autres espèces et, d’autre part, que rien ne garantit que la forme industrielle de production soit biologiquement adaptée à l’être humain. Ces deux idées pourraient donner l’impression de relever du simple bon sens ; elles n’ont rien de particulièrement choquant ou subversif. Mais elles n’en ont pas moins suscité des réactions négatives surprenantes de la part de tous ceux, scientifiques, économistes, politiciens, intellectuels, qui partagent une conviction commune, que l’on peut appeler « la croyance dans la croissance économique illimitée ».
   Ce qui confirme l’idée de Kraus que, même si on ne sait pas ce qu’est le progrès, tout le monde est plus que jamais tenu de croire qu’une chose au moins est sûre : nous progressons, nous pouvons le faire de façon illimitée, et l’obligation de continuer à le faire est une sorte d’impératif catégorique pour les sociétés contemporaines.
   Quand il s’interroge sur le type de lecteurs qui seraient, au contraire, susceptibles d’apprécier les idées qu’il a développées, von Wright suggère prudemment deux groupes, qu’il appelle celui des « conservateurs de la valeur » et celui des « intellectuels de gauche » – dont il constate, d’une façon que je ne contredirai pas, qu’il semble pour tout dire déjà moribond. La question qui se pose est de savoir qui sont aujourd’hui les intellectuels de gauche. Doit-on encore appeler ainsi des gens qui, s’ils sont plus sensibles que d’autres aux coûts sociaux et humains du progrès, et en particulier aux inégalités qu’il engendre, n’en continuent pas moins le plus souvent à croire à la possibilité et à la nécessité du progrès par la croissance économique illimitée, se contentant pour l’essentiel d’exiger que les fruits de la croissance soient répartis un peu plus équitablement ?